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Laurent Benaïm

Né en 1965 à Paris

 

Si l’art doit suggérer ce qui est beau et montrer ce qui est laid, alors le travail de Laurent Benaïm bouleverse complètement nos certitudes. 

Il est parfaitement impossible d’exposer du porn-art dans un commerce de détail thématique de bon goût ! Ou, il faudrait alors que cet exécrable polémique autour de l’a...

Laurent Benaïm

Né en 1965 à Paris

 

Si l’art doit suggérer ce qui est beau et montrer ce qui est laid, alors le travail de Laurent Benaïm bouleverse complètement nos certitudes. 

Il est parfaitement impossible d’exposer du porn-art dans un commerce de détail thématique de bon goût ! Ou, il faudrait alors que cet exécrable polémique autour de l’art et de la pornographie soit assainie par une véritable analyse de cet enjeu primordiale qu’est l’un des rares sujets qui pourraient offrir à ce début de XXIe siècle une véritable révolution artistique. 

Alors que tout est permis depuis Duchamp, la critique ne cesse de se demander si les représentations sexuelles relèvent de l’art ou de la pornographie. Cette même critique fait pourtant moins de cas lorsqu’il s’agit de savoir si une œuvre relève de l’art ou du portrait, de l’art ou du paysage ou encore de l’art ou de l’imposture.

Chez Laurent Benaïm, des anonymes viennent exhiber – sans esthétisation – leur sexualité, pour l’alimenter. Et, alors qu’ils vivent les moments les plus érotiques de leur vie (ce que l’on vit est érotique ; la pornographie, c’est l’érotisme de l’autre), le plasticien en tire des mises en scène dépravées, dépourvues d’érotismes, mais pas le moindrement vulgaire.

Il lui faut plusieurs jours pour réaliser un seul de ses tirages et toute une vie pour recruter et préparer ses modèles, organiser ses séances et mener à bien son projet photographique (il ne prend pas part au débat qui voudrait le catégoriser). 

Quoi qu’il en soit. On est un peu déroutés en découvrant le travail de Laurent Benaïm. Parce que c’est beau, alors que ça ne peut pas être érotique, puisqu’il s’agit de la sexualité de l’autre (et que ce n’est pas son propos) et que ce n’est pas non plus pornographique, puisque le traitement qu’il offre à ses tirages en font des pièces uniques, inclassables et saisissantes de poésie.

Alors, en attendant de savoir si la pornographie devient de l’érotisme lorsqu’elle devient de l’art ou si l’érotisme ne peut montrer de scènes non simulées ou si la pornographie peut jouir du statut d’art, Laurent Benaïm continue de faire de l’art qui raconte des rapports non-simulés entre des gens qui vivent un moment d’érotisme dont la dimension poétique est infiniment dépassée par la beauté du traitement qu’il en fait.

Ma démarche photographique naît d’une intense curiosité de voir la nudité, de révéler le geste, le trouble ; de mettre à jour l’intimité qui habite le corps de l’autre et le rend si touchant.

Mes modèles viennent d’horizons divers… déposent, à leur façon, quelque chose d’eux-mêmes. Et, de tous ces cadeaux, je fais des images. 

À partir de mes prises de vues, je réalise un traitement à la gomme bichromatée sur papier à dessin.

Laurent Benaïm

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